Walter Reade Theater (165 W 65th Street) et Elinor Bunin Munroe Film Center (144 W 65th Street)
dim 01 Mar
Il a été le premier à tourner un documentaire dans l’enceinte du Palais de Justice de Paris. C’était en 1994. Raymond Depardon avait suivi quatorze prévenus d’actes de petite délinquance (vol, escroquerie ou agression) brutalement confrontés au système judiciaire français. Un regard de l’intérieur, inédit à l’époque, porté sur le fonctionnement de la justice au quotidien. Les interrogatoires filmés en plan fixe ont fait de « Délits flagrants » (« Caught in the Acts » en anglais) l’un des films les plus emblématiques et les plus fascinants du réalisateur et photographe français.
Ce documentaire est l’un des vingt films retenus pour la rétrospective que Film at Lincoln Center consacre au célèbre photographe, reporter et cinéaste rhodanien, et qui seront projetés entre les vendredi 20 février et dimanche 1er mars. Certains ont été récemment restaurés et remasterisés, parmi lesquels des fictions, un genre rare dans la filmographie de Depardon, tels que « Paris » (1998) -l’histoire d’un cinéaste qui, à court d’idées pour son nouveau film, fait appel à une directrice de casting pour l’aider à trouver son héroïne dans les rues de Paris- et « Un homme sans l’Occident » (« Untouched by the West », 2003), adaptation libre du livre de Diego Brosset Sahara, un homme sans l’Occident, racontant la vie d’Alifa, un jeune nomade orphelin face aux colonisateurs blancs qui veulent s’emparer des terres de sa tribu.
À voir également un documentaire qui avait fait beaucoup de bruit pour avoir été censuré durant 28 ans : « 1974, une partie de campagne » (« A Day in the Country », 1974) sur la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing. L’ancien chef d’État n’avait pas aimé l’image que le film projetait de lui et n’avait donné son feu vert à la diffusion du documentaire qu’en 2002, près de trois décennies donc après l’avoir commandé; « Reporters » (1981), tourné caméra à l’épaule et sans aucun commentaire, suit le travail des photographes de l’agence Gamma au milieu des célébrités; ou encore « Profils de paysans » (2000) sur le quotidien des agriculteurs français.
La richesse de cette rétrospective permet d’appréhender l’ampleur et la diversité de la filmographie de Raymond Depardon, réalisateur et photographe prolifique. « Le cinéma, dit-il, me pousse à écouter les autres, à aller vers les autres, à être plus sociable. C’est plus politique que poétique. »
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