East Building du NMAA, galeries 23 et 24, 1050 Independence Ave SW
lun 18 Jan
Un grand tableau d’un homme orné d’or s’impose dans l’avant-dernière salle du labyrinthe qu’est l’exposition From the Louvre: Masterpieces of Islamic Art au National Museum of Asian Art (NMAA) de Washington DC. Le portrait du souverain iranien Fath Ali Shah fait plus de deux mètres de haut. « Cette œuvre résume toute l’idée de l’exposition », souligne Simon Rettig, conservateur français des arts de l’Islam du National Museum of Asian Art. Ce même tableau avait été envoyé à Napoléon, alors que celui-ci essayait de créer une alliance avec ce pays du Moyen-Orient.
Le voyage d’une pièce d’art, voilà ce que la nouvelle exposition au National Museum of Asian Art veut mettre en avant jusqu’au lundi 18 janvier 2027, en partenariat avec le musée du Louvre à Paris.
L’exposition, c’est aussi une histoire de relation professionnelle entre deux passionnés d’art islamique. Judith Hénon-Raynaud, adjointe de Souraya Noujaim, directrice du département des Arts de l’Islam du Louvre, met Simon Rettig en lien avec son département. « Nous étions étudiants ensemble, et nous nous connaissons depuis plus de vingt ans », confie Simon Rettig. « C’est comme ça que ça marche dans les musées : parfois on rencontre de nouveaux collègues, mais souvent c’est avec le temps qu’on développe des projets de recherche et des amitiés. »
Souraya Noujaim et Simon Rettig travaillent alors ensemble pendant près de deux ans et demi pour construire l’exposition. « C’était l’occasion de raconter l’histoire de ces objets au-delà de la chronologie de l’histoire de l’art : comment sont-ils arrivés en Europe ? Comment ces vrais chefs-d’œuvre sont-ils arrivés au musée ? », souligne Souraya Noujaim. Les deux conservateurs, Souraya Noujaim et Simon Rettig, ont sélectionné 26 pièces d’art pour raconter une histoire, mais aussi pour montrer la diversité et la richesse de l’art islamique.
Parmi les 26 œuvres, le Baptistère de Saint Louis, le Lion de Monzón – « la mascotte du département au Louvre », souligne Souraya Noujaim – et la coupe de Suse – « le Saint Graal de l’art islamique » selon Simon Rettig – font partie des pièces précieusement sélectionnées.
Mais ce qui est également intéressant pour Souraya Noujaim, c’est de penser l’exposition pour un public américain. « Less is more », glisse-t-elle, avant d’ajouter qu’ « avec tous les enjeux de durabilité, ce petit ou moyen format est quelque chose que les musées développeront de plus en plus ». Une vision que le président-directeur du Louvre, Christophe Leribault, partage : « Cela semble peu, 26, mais ils sont très importants. Et c’est parfois agréable d’avoir une exposition à plus petite échelle ».
L’article complet de Nastasia Peteuil : Du Louvre au Smithsonian : 26 chefs-d’œuvre de l’art islamique exposés à DC, un prêt exceptionnel