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L’énigme du « Garçon avec un panier de fruits » de Caravage à la Morgan Library

225 Madison Avenue.

dim 19 Avr

Expositions
New York
Informations

Description

Le musée de la Morgan Library accueille, jusqu’au dimanche 19 avril, un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art : Le Garçon avec un panier de fruits de Caravage. Cette huile sur toile, datant du début de carrière du peintre milanais, reste une énigme pour les chercheurs. Aucune source ne permet de connaître les détails de la commande ni de la réalisation. Elle ouvre donc à mille hypothèses. Tout le monde s’accorde néanmoins sur le fait que ce tableau, réalisé vers 1594 à Rome, alors que le jeune Caravage est encore l’élève du Cavalier d’Arpin, révèle déjà la quintessence de l’œuvre de l’artiste.

Le jeune homme représenté n’est pas connu, le tableau n’est pas un portrait d’apparat, ni une œuvre mythologique. Les fruits sont peints avec une dextérité extraordinaire mais l’observateur verra que Caravage prend ses distances avec l’idéalisation qui est alors souvent de mise. Il préfère les peindre presque trop mûrs, piqués par les insectes, leur feuilles desséchées. Il entame avec cette œuvre sa quête du réel. Pour la première fois, la souillure (ici des fruits) vient manifester le vérisme de la scène que le tumultueux Romain d’adoption va diffuser dans ses œuvres tout au long de sa carrière. Par exemple, il choque ses contemporains dix ans plus tard en couvrant de crasse les pieds de la vierge dans l’œuvre « La Madone des Pèlerins » peinte pour une chapelle de la basilique St Augustin de Rome, où elle demeure depuis.

Le Garçon avec un panier de fruits est un prêt de la Galleria Borghese où le tableau est exposé depuis 1607, date à laquelle le pape Paul V confisqua les biens du Cavalier d’Arpin qui la détenait alors avec quelques autres toiles de son élève et les confia à son neveu, le cardinal nipote Scipione Borghese. À la Morgan Library, il est exposé dans une salle carrée, sobre, de petit format. Il faut saisir l’occasion rare d’être dans une grande proximité avec ce chef d’œuvre. Les conservateurs lui ont associé un petit ensemble de dessins et de peintures des prédécesseurs, contemporains et suiveurs de Caravage. Les dessins en particulier prennent une dimension passionnante puisqu’ils témoignent de l’intérêt fourmillant dans Rome, au tournant du XVIIe siècle, pour la représentation des détails les plus « réalistes ».

Lire l’article d’Olivia Deslandes : Caravage, Eggleston et la collection The Invisible Dog : le meilleur des expositions de ce début d’année

 

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