Revue de presse. La revue de presse s’ouvre sur une note sombre cette semaine. Encore une fois, la situation politique de la France a été au centre des préoccupations des médias américains.
Le New York Times exprime ses inquiétudes au sujet de l’avenir de la France, avec un éditorial sobrement intitulé « La résistance française en pleurerait« . « Nous vivons une époque étrange« , nous dit l’auteur Sylvain Cypel, ex-journaliste au Monde, à propos de la coïncidence des commémorations de la libération de Paris et des récents succès électoraux du Front National, « parti créé en 1972 par les héritiers idéologiques du régime de Vichy« . Après avoir retracé l’histoire politique de l’après-guerre, il déplore l’actuelle remise en cause des idées tirées du programme du C.N.R. D’après lui, « la désintégration du modèle social français explique en grande partie la montée du Front National« .
Le hameau « La-Mort-Aux-Juifs »
Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, la presse s’est ruée sur l’affaire du hameau « La-Mort-Aux-Juifs ». Rappelons-le, cette petite bourgade du Loiret au nom suprenant a acquis récemment une triste notoriété internationale lorsque le Centre Simon Wiesenthal a demandé au ministre de l’Intérieur de bien vouloir modifier le nom du lieu.
Le Wall Street Journal et le New York Daily News s’étonnent d’ailleurs que ce nom vieux de plusieurs siècles n’ait pas été changé avant. La comparaison est souvent tracée avec les nombreuses villes américaines qui avaient, pour la plupart, éliminé le mot « Negro » de leurs appellations, après le mouvement des droits civiques des années 1960.
Le papier du Wall Street Journal, titré « Ces villageois français qui veulent continuer à vivre dans un endroit appelé La-Mort-Aux-Juifs« , est sans doute celui qui va le plus loin. S’appuyant sur l’hostilité de certains conseillers municipaux à la rebaptisation de la localité, le quotidien dresse le portrait d’une Europe hostile aux populations juives : « Les juifs français sont de plus en plus inquiets des fortes tendances anti-sémites, qui ne sont pas seulement liées au conflit de Gaza« . Alors, les habitants de l’Hexagone seraient-ils antisémites ? Le WSJ le suggère, chiffres du U.S Anti-Defamation League à l’appui. « 37% des Français ayant répondu au sondage ont des attitudes anti-Juifs, soit bien plus que la moyenne européenne, qui est de 24%.«
Travailler mieux
Autre région, toute autre ambiance, le New York Times fait honneur à la Côte d’Azur en publiant non pas un, mais deux articles mettant à l’honneur notre littoral. Pas question cette fois de xénophobie ou du Front National (dont la région est pourtant l’un des bastions), l’auteur de l’article « 36 heures à Nice » préfère nous parler « soleil toute l’année, mer méditérannéenne, architecture Art Deco et Belle Epoque« . L’une de ses collègues, de son côté, encense sa petite voisine, Eze, « au charme discret, sans paparazzi ni starlettes« . Une Côte d’Azur moins bling-bling et cliché, que nos amis américains ont l’air d’apprécier.
Vacances toujours. Comme le constate The Atlantic , « à chaque mois d’août, Paris connaît une transformation rapide« , lorsque les touristes venus des quatre coins du monde remplacent les autochtones partis chercher le soleil sous d’autres tropiques. Les Français et leurs 31 jours de vacances par an sont les champions du farniente.
Mais aussi de la productivité, apparemment, puisque l’auteur tire du rythme de travail français une leçon à appliquer aux Etats-Unis, « pour travailler mieux, travaillez moins« . Se tuer à la tâche 17 heures par jour, à l’image de certains employés yankees, serait tout sauf efficace, la productivité diminuant au fil des heures passées au bureau. Mais pourquoi s’acharnent-ils alors, se demande tout bon Français depuis son transat’? Un élément de réponse est apportée par The Atlantic: « Le grand prestige social, et l’image d’homme sérieux que cela apporte« . Reste que « travailler trop est au mieux inutile, au pire dangereux« . On ne nous le dira pas deux fois.
Pour travailler mieux, faites comme les Français!
9 parcs et jardins cachés pour l'été à Manhattan
Pour une pause-déj, bouquiner ou prendre le soleil, choisissez un parc peu connu pour avoir la paix. En voici neuf.
9. Paley Park
Situé à deux pas du MoMA, Paley Park offre un minuscule havre de paix coincé entre deux buildings. Fontaine, arbres, verdure et gazouillement vous transportent loin du grouillement urbain. A la pause déjeuner ou à la sortie du musée, profitez des chaises et tables de jardin pour une pause ressourçante et rafraîchissante tout en admirant une pièce du Mur de Berlin. Paley park – 53rd St et 5e Avenue.
8. Greenacre Park
A deux blocs au sud-est son jumeau, le Greenacre Park accueille les cols blancs de Midtown qui viennent y casser la croute, lire ou faire une petite sieste. Lui aussi encastré entre deux immeubles, il passe inaperçu pour les gens préssés. Là aussi, chaises et tables de jardin vous invitent à la détente. Vous trouverez aussi de quoi vous restaurer. Greenacre Park – 51st St and 3rd Avenue – ouvert tous les jours de 8h à 20h.
7. IBM building garden plaza
Après les parcs entre les gratte-ciel, voici les jardins à l’intérieur même des buildings : the IBM Building Garden Plaza est un vaste atrium où bambous et œuvres d’art du XXe siècle rivalisent de hauteur sous un puit de lumière. The IBM building garden plaza – 57th St et Madison Avenue.
6. 622 Grand Central Plaza Park
Situé sur le toit d’un bar lounge, il faut avoir le nez en l’air pour découvrir le parc public du 622 Grand Central Plaza Park. Cette terrasse-rooftop offre une vue plongeante sur la 40e rue et sur les buildings alentours. Prenez un peu de hauteur, éloignez-vous de l’agitation pour lire ou avaler un sandwich.622 Grand Central Plaza Park – 40th St et 3rd Avenue – Ouvert en semaine de 7h à 20h et le week-end de 9h à 18h.
5. Tudor City Greens
Pour rester en hauteur, grimpez les escaliers de part et d’autre de 42nd st et First Avenue et vous découvrirez les deux parcs en miroir Tudor City Greens. Entourés par les superbes façades en briques de Tudor City Place, ces parcs privés mais ouverts au public forment deux espaces de verdure où règnent quiétude et petits oiseaux. Paradis pour nourrices et employés des Nations Unies. Tudor City Greens – 42nd St et 1st Avenue – Ouvert tous les jours de 7h à 23h
4. The Ramble
A Central Park certes, mais loin des touristes de la Betesda Fountain, The Ramble est un agréable circuit forestier au coeur de Manhattan. Ce labyrinthe de sentiers sauvages est bordé par une végétation locale et exotique luxuriante : une grande variété d’arbres et de chênes en particulier abritent environ 230 especes d’oiseaux. The Ramble – Central Park entre la 73e et 78e.
3. South Cove Park
Se fondant discrètement au nord de Battery Park, South Cove Park borde l’Hudson river et l’Esplanade. A pied ou en vélo vous apprécierez cette promenade en bord de mer pour ses effluves maritimes, sa vue sur New Jersey et ses coins ombragés sur fond de gratte-ciel. South Cove Park – Sur l’Esplanade, entre First Place et Third Place.
2. The Garden at St. Luke’s in the Field
Bien caché dans The West Village, The Garden at St. Luke’s in the Field accueille plus de 100 espèces d’oiseaux, papillons et habitants du quartier qui viennent s’y ressourcer. Un vrai trésor caché. 487 Hudson Street (et Christopher Street) – Ouvert tous les jours de 8h jusqu’à la tombée de la nuit.
1. Transfiguration Church
Autre petit trésor: le jardin de la Transfiguration Church sur East 29th St. Ce confetti de verdure, posé aux abords de l’église historique, est complètement inattendu dans le brouhaha de Midtown East. C’est une alternative parfaite au très prisé Madison Square Park, non loin. East 29th St entre 5th Ave et Madison
Christine Lagarde à New York pour soutenir l'Hermione
Christine Lagarde va s’offrir un « break » de la haute finance mondiale le temps d’une soirée. Le 14 octobre, elle sera à bord de l’Intrepid, le porte-avion-musée de New York, pour participer au gala des Friends of L’Hermione-Lafayette in America.
L’association lève des fonds aux Etats-Unis pour organiser la traversée de l’Atlantique d’une réplique de l’Hermione, le voilier de Lafayette, actuellement en cours de finalisation au port de Rochefort (Poitou-Charentes). Le groupe avait donné le coup d’envoi de sa campagne de financement en septembre 2013, au Consulat de France, en présence de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. La croisière doit avoir lieu à l’été 2015, avec plusieurs escales sur la côte Est (Washington, Philadelphie, New York notamment).
Christine Lagarde ne sera pas la seule invitée de marque au gala où le prix de la table va jusqu’à 50.000 dollars. L’ancien Secrétaire d’Etat Henry Kissinger, président honoraire du conseil d’administration des Friends of L’Hermione-Lafayette, et le journaliste Charlie Rose seront de la partie.
A Greenpoint, un "day care" qui parle français et mange bien
A Green Bean Day Care, la petite crèche de Monica Madalinski, point d’oreos ou autres friandises fluorescentes, mais des cookies fabriqués « sans ingrédients artificiels » par la patronne des lieux elle-même. « Il faut que les enfants aient le contrôle sur ce qu’ils mangent« , glisse-t-elle.
C’est ce principe simple que la jeune femme, une New-Yorkaise d’origine polonaise, applique depuis la création de la crèche, en octobre 2011, dans le quartier de Greenpoint (Brooklyn). Elle se targue de servir quatre repas par jour préparés par sa mère avec des produits locaux et organiques. « Nous donnons aux enfants beaucoup de fruits et de légumes, et nous les exposons à des saveurs différentes. C’est important qu’ils grandissent autour de vrais aliments ».
En plus de bien manger, les enfants ont droit à une autre petite gâterie : l’exposition au français. Une maman française avait suggéré de donner des cours de français à l’ouverture de la crèche il y a trois ans. « C’était impressionnant de voir ces enfants acquérir une seconde langue aussi rapidement. Nous avions besoin de faire un vrai programme bilingue« , explique-t-elle. L’an dernier, une enseignante a été embauchée à plein temps.
Avec le nombre grandissant de Français dans le quartier, et l’ouverture d’un programme bilingue à PS110, la crèche affiche complet. Sur les seize élèves, « la plupart sont français« , assure Monica Madalinski.
Peinture, lecture, jeux, chansons: la journée à Green Bean a lieu dans les deux langues. La recette: « suivre le flow des enfants« . « Il y a un emploi du temps et un curriculum mais il doit être flexible pour s’adapter à leur énergie, dit-elle. Et les faire bien manger.
Le Dîner en Blanc revient à New York fin août
Tout commence il y a plus de 25 ans, à Paris, quand quelques amis se réunissent pour partager un dîner en blanc. Depuis, le concept a fait du chemin. En 2014, plus de quarante événements de ce type seront organisés sur les cinq continents.
L‘édition new-yorkaise aura lieu cette année le lundi 25 août. La clé du succès de ces fameuses soirées immaculées ? Une idée originale: proposer une soirée pique-nique chic dans un lieu tenu secret jusqu’au dernier moment. Elle est ouverte aux amis des membres invités, mais aussi à tous ceux qui se sont inscrits sur la liste d’attente.
Le jour J, il vous faudra apporter une table de pique-nique, deux chaises et un panier contenant votre repas fait maison (que les allergiques aux fourneaux se rassurent, vous pouvez aussi commander de quoi vous sustenter via leur service traiteur). Dress-code: « all white », bien sûr! L’an dernier, 4.000 convives s’étaient retrouvés à Bryant Park (photo).
Demandes de passeport: permanences consulaires à Austin et Dallas
Bonne nouvelle : les demandes de passeport au Consulat général de France à Houston pourront désormais être faîtes lors de permanences consulaires, qui s’échelonneront de septembre à décembre.
Le consulat va utiliser un dispositif mobile de prise d’empreintes nommé Itinera. Les villes concernées au Texas sont Dallas et Austin, mais ce dispositif s’applique aussi à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, et probablement à Oklahoma City (Oklahoma) et Little Rock (Arkansas) en 2015.
Les demandes de passeport se font uniquement sur rendez-vous et selon une procédure différentes des demandes classiques au consulat à Houston. Le nombre de rendez-vous est limité, alors n’attendez pas!
Dates des permanences consulaires pour 2014 :
– Dallas : Les 24 et 25 septembre, et les 3 et 4 décembre, à Dallas International School (campus du primaire), 6039 Churchill Way, Dallas, TX 75230
– Austin : Les 15 et 16 octobre, dans les bureaux de M. John Harmon, Graves Hearon and Moody, 401 Congress Suite 2200 (22ème étage), Austin, TX 78701
– La Nouvelle-Orléans : les 19, 20 et 21 novembre, au Consulat général de France à La Nouvelle-Orléans, 1340 Poydras Street-Suite 1710, New Orleans, LA 70112
Trois compétitions cyclistes au Texas
Pour ceux qui auraient raté le Tour de France, voici une occasion de vous rattraper. The Hotter ‘N’ Hell Hundred est une des plus célèbres et ambitieuses compétitions cyclistes des Etats-Unis.
Chaque année, plus de 12.000 coureurs locaux et internationaux viennent s’affronter à Wichita Falls. Le 23 août, ils auront le choix de parcourir cinq distances comprises entre 10 et 160 km. Chaleur et vents seront au rendez-vous.
The Hotter ‘N’ Hell Hundred prévoit également deux autres compétitions les 22 et 24 août, qui comprennent une course en montagne et une course en sentier.
Il est encore temps de s’inscrire pour 35$ par personne et par course. Comptez 45$ en cas d’inscription après le 18 août.
Un camping est à la disposition des familles et amateurs de cyclisme. Pour réserver, contacter YMCA au : 940-322-7816.
"La Jalousie" : Philippe Garrel au sommet de son art
« Me laisse pas Louis. Me laisse pas toute seule ». Silence. Sanglots. La porte claque.
Tout comme Charlotte, réveillée par la dispute de ses parents, le spectateur observe la séparation par le trou de serrure de sa chambre. Plongée dans l’intimité profonde d’une famille, dès la scène d’ouverture de « La Jalousie », qui sort en salles à Miami, Los Angeles et New York.
Louis (Louis Garrel) quitte Clotilde et sa petite fille pour Claudia (Anna Mouglalis). Tous les deux sont comédiens. Lui joue dans un théâtre et arrive péniblement à joindre les deux bouts tandis qu’elle, qui n’a pas tourné depuis six ans, ne trouve pas de rôle.
Lui peut vivre d’amour et d’eau fraîche et croit follement en elle. Elle « que ses ailes de géant empêchent de marcher ». Elle qu’il aime « définitivement » et à qui il adresse une déclaration d’amour d’une rare beauté. Elle qu’il idolâtre, telle une muse, aime et adore.
Elle est tiraillée. Profondément angoissée, fatiguée d’attendre… attendre quoi et attendre pourquoi ? ne cessera-t-elle de se demander. Épuisée d’habiter dans leur chambre de bonne, elle veut plus. Dans une scène, sublime, elle commencera par lui dire qu’« on ne s’aime pas comme ça dans le vide » avant d’expliquer qu’elle ne peut plus vivre dans cet endroit « C’est moche, c’est triste (…) Je veux bien être fauchée mais je supporte pas d’être pauvre ».
Peu à peu, leur couple s’essouffle. Alors que Louis s’aventure dans le flirt léger avec des femmes, Claudia elle franchit le pas de l’adultère. Pourtant, elle l’« aime autant qu’elle est capable d’aimer ».
Le couple Garrel-Mouglalis crève l’écran, elle avec sa voix suave et rocailleuse, lui avec une passion nonchalante qui l’habite tout au long du film. Ensemble, ils brillent.
Telle une nouvelle, « La Jalousie » explore la complexité du sentiment amoureux, en dessinant les contours d’une relation passionnée. Des tableaux de la vie quotidienne s’enchainent, emprunts de poésie, telle cette scène où Louis récite « Britannicus » en se rasant tandis que sa bien-aimée lit allongée dans la pièce attenante. Le film adopte le point de vue de Louis, tour à tour désespéré, aimant, à la fois père et amant, homme surtout.
Loin de se cantonner au rapport amoureux, la jalousie concerne tous les personnages du film. C’est celle de Charlotte, incarnée avec brio par Olga Milshtein, qui entretient avec son père une relation complice et fusionnelle. Rarement un duo n’a été aussi touchant, leurs regards et leurs sourires enveloppant le film d’un manteau de tendresse. C’est aussi celle de Clotilde, qui voit le père de sa fille refaire sa vie et doit faire son deuil et continuer elle aussi, à avancer.
« La Jalousie » est une ode à l’altérité qui montre avec beaucoup de subtilité que l’amour peut revêtir maintes formes, et tout autant de significations plus ou moins perceptibles par l’être aimé. Parfois encombrant, vecteur de culpabilité, de désespoir mais aussi de joie, l’amour est disséqué par le réalisateur comme un fantastique moteur de vie.
Convoquant son histoire personnelle, Philippe Garrel fait appel à sa famille pour incarner ses souvenirs. Inspiré d’une histoire d’amour que le père de Philippe Garrel a vécue, lorsque celui-ci était encore enfant et vivait avec sa mère, c’est le fils du réalisateur qui incarne son père, à l’âge de 30 ans. Au casting, on retrouve également Esther Garrel, soeur de Louis à l’écran comme dans la vie.
La photographie signée Willy Kurant est absolument sublime. Le noir et blanc charbonneux, allié aux gros plans typiques des films muets qu’aime tant Philippe Garrel, donne à l’image une force rare doublée d’une esthétique percutante.
La musique, composée par Jean-Louis Aubert achève de donner au film volupté et profondeur. On sort de la salle de cinéma abasourdi.
Le wwoofing, l’autre façon de voyager à moindre frais
Envie de découvrir les Etats-Unis de façon originale et à moindre frais ? Le wwoofing est fait pour vous ! Créé en 1971 par Sue Coppard, une Londonnienne en manque de nature, ce concept permet aux volontaires de travailler dans une ferme bio en étant nourri et logé.
Au départ, l’acronyme renvoyait à « Working weekends on organic farms » (week-ends de travail dans les fermes bio). Grâce au bouche-à-oreille, le wwoofing s’est étendu à une centaine de pays, de l’Afrique au Moyen-Orient en passant par la Nouvelle-Zélande et le Japon.
Aux Etats-Unis, le site Wwoof-USA recense près de 1.900 hôtes. Si bien qu’aujourd’hui, « wwoof » signifie désormais « Worldwide opportunities on organic farms » (offres d’emploi mondiales dans les fermes bio).
Il n’y a pas de limite d’âge pour wwoofer. Jeunes (de plus de 18 ans) ou vieux, seules comptent la motivation et l’envie de s’investir. On peut même voyager à plusieurs et avec ses enfants. Le wwoofer doit s’intéresser aux problématiques liées à l’environnement, et peut s’adonner à des taches allant du nettoyage de la ferme à la nutrition des animaux… voire la restauration de meubles anciens ! Tout dépend de ses attentes et de celles de son hôte. A priori, aucune compétence spécifique n’est requise.
Gare toutefois à ceux qui croient à des vacances faciles ! Le wwoofing, ce n’est ni couchsurfing, ni du volontariat international en entreprise. Il s’agit d’un travail – non rémunéré – donc on attend d’un volontaire qu’il travaille de 4 à 6 heures par jour, jusqu’à 6 jours par semaine.
L’hôte en question peut être un fermier ou un particulier qui pratique l’agriculture biologique ou l’éco-construction. Mais il peut très bien apparaître, par exemple, sous la forme d’un organisme, comme l’a vécu Emeline, partie pendant trois semaines en Nouvelle-Orléans, pour reconstruire les maisons après le passage de l’ouragan Katrina. Et la jeune femme n’y connaissait pourtant rien en menuiserie !
Un master en marketing de l’innovation en poche, Emeline veut maintenant se tourner vers l’associatif. « Après 3 mois en wwoofing, j’ai travaillé comme commerciale en France pendant un an, raconte-t-elle. J’ai arrêté, car ce n’est plus ce que j’ai envie de faire. Si je pouvais, je ferais du volontariat toute ma vie ! »
Idem pour Mélina, qui après avoir sillonné les Etats-Unis d’est en ouest, a abandonné ses études en coopération internationale pour suivre une formation de maraîchère. « J’aime l’idée de travailler la terre. En fac, on n’a pas l’habitude de se salir les mains. »
Si Kévin n’a toujours pas envie de devenir agriculteur après être passé par trois fermes, son expérience lui a permis de découvrir un autre mode de vie. « Je voulais montrer qu’il existe toujours des moyens alternatifs respectueux à la fois de l’environnement et de l’homme dans le domaine agricole, et que ces moyens sont accessibles partout, même aux Etats-Unis, pays dont le secteur agricole est réputé outre-Atlantique surtout pour les OGM et ses pratiques de masses agressives et polluantes. »
Abus
Comme pour tout, il faut s’y prendre à l’avance. Comptez six mois si vous rêvez d’un ranch au Texas en plein mois d’août. Mais si vous n’êtes pas trop difficile, vous aurez une réponse positive très rapidement.
Pour avoir accès à la liste des hôtes, il suffit de payer une cotisation annuelle de 15/20 euros via un site de wwoofing comme Wwoof-USA. C’est ensuite au wwoofer de déterminer avec l’hôte quel type d’activité il souhaite effectuer, la durée du wwoofing, le nombre d’heures de travail, la nature du logement etc. Ceci afin d’éviter les mauvaises surprises…
Kévin, lui, s’est retrouvé dans une ferme à Tacoma (Washington) que les propriétaires, plutôt aisés, avaient achetée « pour s’occuper » ! Difficile dans ces conditions d’apprendre le métier de fermier. Pire encore, les hôtes de Mélina en Virginie occidentale faisaient travailler celle-ci 70 heures par semaine. « On devait porter des pierres de 10 kg ! Ils nous prenaient pour des esclaves. » Inutile de préciser que tous deux ont demandé à changer d’hôte.
Comme tous les sites de wwoofing, le site Wwoof-USA décline toute responsabilité en cas de problème. D’où l’importance d’une communication claire entre l’hôte et le wwoofer. A noter qu’il s’agit d’un accord tacite et qu’il n’y a pas de lien contractuel strict.
Pensez également à prendre une bonne assurance voyage. En effet, comme le précise Kévin, quand on manipule des machines agricoles, « une blessure peut vite arriver« .
Quant à la question du statut du wwoofer, même si celui-ci est un « willing worker » (travailleur volontaire), il doit se présenter comme « visiteur » aux agents d’immigration.
Enfin, prévoyez un budget qui inclut les billets d’avion et un moyen de transport une fois aux Etats-Unis. A moins que vous ne souhaitiez vivre dans une ferme isolée en harmonie avec la nature …










