Plusieurs lieux
ven 12 Juin
La grande nouveauté de la semaine, c’est La Petite Dernière d’Hafsia Herzi, qui ouvre enfin aux États-Unis au Film at Lincoln Center après un parcours européen exceptionnel : Palme d’interprétation à Cannes pour la débutante Nadia Melliti, Queer Palm, Prix Louis-Delluc — le « Goncourt du cinéma » —, César de la Meilleure révélation féminine, et 400 000 entrées en France. Premier film d’Herzi à sortir aux États-Unis, c’est aussi l’une des œuvres françaises les plus saluées de 2025 : un portrait naturaliste d’une adolescente franco-algérienne qui apprend à réconcilier foi, famille et désir, filmé avec la même attention au réel qui caractérise toute la filmographie de la réalisatrice-actrice. Les critiques américains confirment l’enthousiasme européen — 88% sur Rotten Tomatoes avant même la diffusion en salle.
En répertoire, le Metrograph consacre la semaine à une traversée de Louis Malle dans toutes ses formes : le documentaire intimiste (God’s Country, …And the Pursuit of Happiness), le film-conversation radical (My Dinner with André), le polar mélancolique (Atlantic City), le théâtre filmé (Vanya on 42nd Street) — cinq films qui dessinent le portrait d’un cinéaste inclassable, toujours entre deux rives. Agnès Varda (Cléo de 5 à 7) et Chantal Akerman (Les Rendez-vous d’Anna, Jeanne Dielman) complètent un programme d’une densité rare.
À l’Alliance, Jean-Pierre Gorin présente Tout va bien — le film de Godard avec Jane Fonda et Yves Montand — et Une si jolie petite plage d’Yves Allégret, une rareté du réalisme poétique français qu’il a tenu à réhabiliter lui-même.
Et au Paris Theater, dans la grande série Hitchcock, c’est Truffaut qui s’invite : La Mariée était en noir, avec une Jeanne Moreau glaciale et inoubliable, en 35mm — le seul film français de la semaine qui ressemble à un thriller et qui finit par ressembler à une histoire d’amour.